Espagne : le visa nomade digital passe à 2 849 € par mois en 2026

10 septembre 20265 min de lecture
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Le seuil de revenus du visa nomade digital espagnol est passé à 2 849 € par mois en 2026, contre 2 763 € en 2025. La hausse découle mécaniquement du décret royal 126/2026 du 18 février, publié au BOE le 19 février, qui relève le salaire minimum interprofessionnel (SMI) de 3,1 % à 1 221 € sur 14 mensualités. Le visa de télétravail créé par la loi 28/2022 exige 200 % du SMI ; chaque revalorisation du SMI relève donc le ticket d'entrée. Les majorations familiales suivent la même logique : 916 € pour le premier membre de famille, 305 € pour chacun des suivants. Aucune autre condition du dispositif n'a changé.

Ce que fixe le décret du 18 février 2026

Approuvé en Conseil des ministres le 17 février, le texte porte le SMI à 40,70 € par jour ou 1 221 € par mois, soit 17 094 € par an, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. C'est 37 € de plus par mois qu'en 2025. Le cabinet Fieldfisher rappelle que la hausse s'applique à toutes les rémunérations conventionnelles inférieures au nouveau plancher, y compris pour les salariés à temps partiel au prorata.

Le décret ne mentionne pas le visa nomade digital. Mais la loi 28/2022 « de fomento del ecosistema de las empresas emergentes », dite loi des start-up, a indexé la condition de ressources du télétravailleur international sur le SMI plutôt que sur un montant fixe. Le calcul est donc automatique :

  • demandeur seul : 200 % du SMI, soit 2 442 € sur 14 mois, ramenés à 2 849 € sur 12 mois ;

  • premier membre de famille (conjoint ou enfant) : 75 % du SMI en plus, soit 916 € par mois ;

  • chaque membre supplémentaire : 25 % du SMI, soit 305 € par mois ;

  • un couple avec un enfant doit ainsi justifier d'environ 4 070 € par mois, un couple avec deux enfants d'environ 4 375 €.

Les montants s'entendent bruts, sur justificatifs des trois derniers mois au minimum, et les consulats acceptent le contrat de travail, les fiches de paie, les factures ou les relevés bancaires, selon la fiche du ministère des Affaires étrangères.

Les conditions qui ne bougent pas

Le reste du dispositif reste celui de 2023. Le demandeur doit travailler à distance pour une entreprise établie hors d'Espagne, ou pour des clients étrangers s'il est indépendant. Au plus 20 % de son activité peut être réalisée pour des entreprises espagnoles. L'employeur ou le client doit exister depuis au moins un an et la relation de travail remonter à trois mois minimum. Le demandeur justifie d'un diplôme universitaire, d'une formation professionnelle ou de trois ans d'expérience dans son domaine, d'un casier judiciaire vierge sur les cinq dernières années et d'une assurance santé privée sans franchise ni délai de carence.

Deux voies d'accès coexistent. Depuis le pays de résidence, le consulat délivre un visa d'un an, transformable en titre de séjour de trois ans une fois en Espagne. Depuis le territoire espagnol, en séjour légal, la demande se dépose directement auprès de l'Unidad de Grandes Empresas (UGE), qui délivre d'emblée un titre de trois ans, renouvelable deux ans. Au bout de cinq ans de résidence, le titulaire peut demander la résidence de longue durée.

Fiscalité : le régime Beckham reste ouvert

Le titulaire d'un titre de télétravailleur international peut opter pour le régime des impatriés, dit loi Beckham, dans les six mois suivant son inscription à la sécurité sociale espagnole. Il paie alors 24 % forfaitaires sur ses revenus d'activité de source espagnole jusqu'à 600 000 € par an, pendant l'année d'arrivée et les cinq suivantes, sans être taxé sur ses revenus étrangers du capital. La condition principale reste de ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des cinq années précédentes, comme le détaille Costaluz Lawyers.

Le seuil de 2 849 € n'est pas une décision de politique migratoire. C'est une conséquence comptable de la négociation salariale espagnole. Tant que le SMI progressera chaque année, le ticket d'entrée du visa nomade digital progressera avec lui, ce qui rend les guides publiés en 2024 et 2025 déjà obsolètes.

Ce que cela change selon votre situation

Salarié en télétravail pour un employeur français. Le contrat de travail doit prévoir explicitement le travail à distance depuis l'Espagne et l'entreprise doit fournir une attestation en ce sens. Le salaire brut mensuel figurant sur les fiches de paie doit atteindre 2 849 €. En pratique, le consulat ou l'UGE examine le brut contractuel, pas le net perçu ; un salarié à 34 000 € brut annuel passe le seuil, un salarié à 32 000 € ne le passe plus. Côté sécurité sociale, la coordination européenne s'applique : l'employeur demande un certificat A1 à l'URSSAF pour maintenir l'affiliation française, faute de quoi le salarié doit être affilié en Espagne.

Indépendant. Les factures des trois derniers mois, les contrats clients et les relevés bancaires servent de preuve. Le revenu retenu est le chiffre d'affaires facturé, la moyenne mensuelle devant dépasser 2 849 €. Un indépendant français qui bascule en Espagne s'inscrit en général au régime des travailleurs autonomes (RETA) et bénéficie d'une cotisation réduite la première année.

Employeur. Autoriser un salarié à télétravailler depuis l'Espagne au-delà de 183 jours par an fait de lui un résident fiscal espagnol, avec un risque d'établissement stable pour l'entreprise si le poste comporte des responsabilités commerciales. L'employeur doit vérifier que le contrat mentionne le lieu de travail, sécuriser la couverture sociale par un A1, adapter la mutuelle et documenter la durée du séjour. Ce sont exactement les points que le suivi de dossier Nomamundi permet de tracer collaborateur par collaborateur.

Le gouvernement espagnol a engagé une nouvelle négociation sur le SMI 2027 avec les partenaires sociaux, avec l'objectif affiché de le maintenir à 60 % du salaire médian. Une hausse comparable à celle de 2026 porterait le seuil du visa autour de 2 940 € en 2027. Les dossiers déposés avant la publication du prochain décret sont examinés au seuil en vigueur au jour du dépôt, selon les praticiens de l'extranjería, ce qui plaide pour déposer tôt dans l'année.

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