Bien-être des nomades digitaux : les pires villes en 2026 selon l'index Holafly

25 septembre 20265 min de lecture
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Holafly a publié le 2 septembre 2026 son « Plans Wellbeing Index 2026 », une étude qui note 25 hubs de nomades digitaux non pas sur le débit Wi-Fi ou le prix du café, mais sur huit facteurs de bien-être quotidien : communauté, bruit, espaces verts, accès au sport, alimentation saine, ensoleillement, coût de la vie et santé. Chaque ville reçoit un score de déficit de 0 à 100, où 100 est le pire. Lima arrive en tête des villes les plus difficiles avec 85,3, devant Hanoï (82,7) et Cusco (76,3). Six des huit villes les plus mal classées sont des destinations réputées pour leur faible coût de la vie.

Comment l'index est construit

L'étude, relayée le 7 septembre par EU Reporter et détaillée par Innovative Human Capital, croise des données publiques officielles, celles de l'Organisation mondiale de la santé, de Mercer et de Google Maps. Les huit critères sont agrégés en un score unique de déficit. Plus le score est élevé, plus la ville cumule de manques : peu de lumière naturelle, bruit élevé, manque de parcs, salles de sport rares ou chères, offre alimentaire pauvre, soins difficiles d'accès.

Holafly a complété l'analyse par une enquête auprès de nomades. 33,7 % citent les horaires imprévisibles et les décalages horaires comme premier obstacle à leur équilibre, 20,7 % disent ne pas savoir ce qui existe localement pour bouger ou bien manger, et 18,8 % pointent le coût des salles, des cours et de l'alimentation saine.

Les dix villes les plus mal classées

  • Lima, Pérou : 85,3. Le plus faible ensoleillement des 25 villes étudiées, un bruit élevé et peu d'espaces verts.

  • Hanoï, Vietnam : 82,7. Dernière pour le bruit et l'accès au sport, à égalité pour les espaces verts les plus réduits.

  • Cusco, Pérou : 76,3. Le réseau social et communautaire le plus faible de l'étude.

  • Bogotá, Colombie.

  • Da Nang, Vietnam.

  • Hô Chi Minh-Ville, Vietnam.

  • Cancún, Mexique.

  • Medellín, Colombie.

  • Tbilissi, Géorgie.

  • Buenos Aires, Argentine.

Holafly n'a publié que les scores des trois premières. Les extraits diffusés à la presse ne donnent pas non plus le haut du classement : l'étude sert d'abord à signaler les points faibles des hubs établis, pas à désigner un vainqueur. Le rapport complet n'était pas accessible en ligne au moment où nous écrivons.

Ce que les villes bon marché coûtent vraiment

Le résultat le plus parlant tient en une phrase : sur les dix villes en queue de classement, sept ou huit sont celles que les guides recommandent pour leur budget. Lima, Hanoï, Da Nang, Hô Chi Minh-Ville, Medellín, Bogotá, Tbilissi et Buenos Aires figurent depuis des années dans les listes de destinations à moins de 1 500 dollars par mois. Le coût de la vie n'est que l'un des huit facteurs, et il est le seul où ces villes marquent des points.

Une ville où l'on vit pour 900 euros par mois mais où l'on dort mal à cause du bruit, où l'on ne voit pas le soleil pendant l'hiver austral et où la salle de sport la plus proche coûte le prix d'un abonnement parisien n'est pas bon marché. Elle déplace le coût de la facture vers la santé et la productivité.

La lecture inverse est tout aussi utile. Des villes plus chères comme Valence, Las Palmas ou Séville, que Holafly plaçait dans son top 10 mondial des villes pour le travail à distance plus tôt en 2026, cumulent ensoleillement, parcs, marchés et système de santé public. Le surcoût de loyer y achète du bien-être mesurable.

Le volet visa, que l'index ignore

L'étude ne dit rien du droit au séjour, alors que c'est la première contrainte pour rester plus de trois mois. Sur les pays de la liste, la situation est contrastée.

  • Pérou : le visa nomade digital annoncé en novembre 2023 par le décret législatif 1582 n'est toujours pas opérationnel en 2026. Aucune procédure, aucun tarif, aucune condition de revenus n'ont été publiés. Les séjours se font sous statut touriste, 90 jours renouvelables jusqu'à 183 jours par an.

  • Vietnam : pas de visa nomade. L'e-visa à 25 dollars permet 90 jours à entrées multiples, sans prolongation sur place. Il faut sortir et redéposer.

  • Colombie : le visa V « Nómadas Digitales » de la résolution 5477 de 2022 existe et fonctionne. Il exige trois fois le salaire minimum, soit environ 5,25 millions de pesos par mois en 2026, des revenus exclusivement étrangers et six mois d'activité à distance justifiés. Traitement en 30 jours environ, validité jusqu'à deux ans.

  • Géorgie : pas de visa dédié, mais un séjour sans visa de 365 jours pour la plupart des nationalités occidentales, ce qui reste l'un des régimes les plus simples au monde.

  • Mexique et Argentine : visa de résident temporaire pour le Mexique avec justificatif de revenus, et permis de télétravailleur de 180 jours pour l'Argentine, tous deux en vigueur.

Autrement dit, les trois villes les plus mal notées pour le bien-être sont aussi celles où la base légale pour un séjour long est la plus fragile. Nous avions décrit le régime colombien dans notre dossier sur les visas nomades en Amérique latine ; il reste la voie la plus robuste de la liste.

Ce que cela change selon votre projet

Pour un indépendant qui choisit une base pour six mois ou un an, l'index invite à faire le calcul complet : loyer plus bruit, plus lumière, plus sport, plus soins. Une ville qui gagne 400 euros par mois sur le logement mais perd sur les sept autres critères n'est pas un bon arbitrage. Vérifiez ensuite le visa : au Pérou et au Vietnam, un séjour de plus de 90 jours repose sur des sorties de territoire, pas sur un titre.

Pour un employeur qui autorise des périodes de « workation », l'index donne un argument pour encadrer les destinations. Un salarié qui télétravaille depuis une ville où il dort mal et ne bouge pas revient moins en forme qu'il n'est parti. Une politique de télétravail à l'étranger peut fixer une liste de pays admis en s'appuyant sur deux critères objectifs : existence d'un titre de séjour compatible avec le travail à distance, et durée maximale sans déclencher d'obligations fiscales ou sociales locales. Ce sont ces deux points que nous vérifions dans l'audit de conformité de Nomamundi avant chaque départ.

Pour un travel manager qui organise des séjours courts, l'étude a peu d'incidence : sur une mission d'une semaine, le bruit ou l'ensoleillement pèsent moins que le vol et le visa d'affaires. Elle devient utile dès qu'un collaborateur demande à prolonger sa mission sur place.

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