Australie : le visa Working Holiday passe au tirage au sort pour les 2e et 3e années

Le ministre australien de l'Intérieur, Tony Burke, a annoncé le 17 septembre 2026 que les deuxième et troisième visas Working Holiday Maker seraient désormais attribués par tirage au sort. Le deuxième visa sera plafonné à 45 000 places, le troisième à 5 000. Le travail en région reste obligatoire pour participer, et aucune date d'entrée en vigueur n'a encore été publiée.
Ce qui a été annoncé
La mesure figure dans le communiqué du ministre de l'Intérieur publié le jour même, parmi une série de réformes destinées à réduire la migration nette. Le texte annonce un système de tirage au sort « pour les années deux et trois », là où s'applique l'exigence de travail en région.
Les chiffres ont été donnés par Tony Burke dans son discours au National Press Club. Le tirage pour la deuxième année sera limité à 45 000 places. Le ministre a précisé que 57 000 personnes s'étaient qualifiées l'an dernier. Pour la troisième année, la coupe est bien plus nette : 5 000 places, alors que 31 000 personnes étaient dans ce cas l'an dernier.
Le premier visa n'est pas concerné par ce tirage au sort.

Le travail en région reste obligatoire, mais ne garantit plus rien
Les conditions pour prétendre à un visa supplémentaire ne changent pas. Pour une deuxième année, il faut avoir travaillé 88 jours en région pendant le premier visa. Pour une troisième, six mois pendant le deuxième. « Cela ne changera pas », a insisté le ministre.
Ce qui change, c'est ce que ces jours de travail permettent d'obtenir. Jusqu'ici, un voyageur qui avait accompli son travail spécifié et remplissait les autres critères pouvait demander le visa suivant. Il gagnera désormais le droit de participer au tirage au sort. « Tout le monde ne passera pas », a résumé Tony Burke.
La différence est forte pour la troisième année. Avec 5 000 places, et si le nombre de candidats qualifiés reste proche de celui de l'an dernier, moins d'un candidat sur six serait retenu. Six mois de travail en région pendant le deuxième visa ne donneront donc aucune certitude de rester une année de plus.
Ce changement concerne les deux visas du programme : le Working Holiday (sous-classe 417) et le Work and Holiday (sous-classe 462). Le 462 connaît déjà un tirage au sort, mais seulement pour le premier visa de certaines nationalités (Chine, Inde et Vietnam, bientôt Indonésie). Comme nous l'expliquions début septembre, les plafonds nationaux du 462 ne visaient eux aussi que le premier visa. Les deuxième et troisième années étaient jusqu'ici épargnées.
Les titulaires d'un passeport britannique à part
Les titulaires d'un passeport britannique échappent à ce système. Depuis le 1er juillet 2024, en vertu de l'accord de libre-échange entre l'Australie et le Royaume-Uni, ils peuvent obtenir jusqu'à trois visas Working Holiday sans travail spécifié. Le communiqué rattachant le tirage au sort à l'exigence de travail en région, ils n'en relèvent pas.
Le ministre a toutefois souligné la croissance rapide de ce contingent. Il compte près de 80 000 personnes présentes en Australie, contre environ 17 000 à la signature de l'accord. Il a annoncé que les demandes britanniques continueraient d'être traitées lentement, pendant que le gouvernement en discute avec Londres.
Des délais de traitement ramenés à 3 mois
L'annonce comporte un volet plus favorable aux candidats. En réduisant le nombre de deuxièmes et troisièmes visas, le gouvernement dit pouvoir revenir à un rythme de traitement normal pour les demandes Working Holiday Maker. Le communiqué parle de délais « stabilisés à trois mois ».
La page d'actualité du programme, mise à jour par le ministère de l'Intérieur le 23 septembre 2026, annonce déjà un délai moyen d'environ 3 mois pour la plupart des demandes.
Le ministère rappelle au passage une règle propre à ce visa : le candidat doit se trouver au bon endroit au moment où le visa lui est accordé. Une demande déposée en Australie impose d'y être au moment de l'octroi. Une demande déposée depuis l'étranger impose d'être hors d'Australie.
Ce qui reste à publier
Au 23 septembre 2026, le ministère n'a pas encore détaillé le fonctionnement du tirage au sort sur ses pages consacrées au programme. Plusieurs points restent ouverts :
la date à partir de laquelle les deuxièmes et troisièmes visas passeront par le tirage au sort ;
le sort des demandes déjà déposées, ou du travail en région déjà accompli, avant cette date ;
les modalités d'inscription au tirage, son calendrier et d'éventuels frais d'inscription.
Pour les voyageurs qui accomplissent actuellement leurs 88 jours ou leurs six mois en région, les pages du ministère décrivent toujours le régime en vigueur, sans aucune mention du tirage au sort.


