France : le seuil des ressources exigé pour le visa étudiant augmente

12 août 20265 min de lecture
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Depuis le 1er août 2026, toute demande de visa long séjour pour études en France doit être accompagnée de justificatifs de ressources d'au moins 877,50 € par mois, contre 615 € auparavant. Le seuil est désormais calculé en pourcentage du SMIC, ce qui signifie qu'il augmentera de nouveau à chaque revalorisation du salaire minimum. Les demandes déposées jusqu'au 31 juillet inclus restent examinées sur la base de l'ancien montant.

Un seuil désormais adossé au SMIC

Le changement vient du décret n° 2026-526 du 22 juin 2026, publié au Journal officiel du 24 juin et entré en vigueur au 1er août. Il réécrit l'article R. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui impose maintenant à l'étudiant de justifier de « moyens d'existence mensuels correspondant au moins à 47 % du montant brut du salaire minimum de croissance mensuel en vigueur au jour du dépôt de sa demande ».

Le SMIC brut mensuel étant fixé à 1 867,02 € pour 35 heures hebdomadaires, ces 47 % donnent les 877,50 € exigés aujourd'hui. Le point important tient à la formule elle-même : le montant n'est plus un chiffre inscrit dans un texte, mais le résultat d'un calcul. L'ancien seuil de 615 € était resté inchangé pendant plus de vingt ans ; le nouveau bougera mécaniquement à chaque hausse du salaire minimum, sans qu'un nouveau décret soit nécessaire.

Concrètement, un étudiant qui prépare son dossier a intérêt à vérifier le montant en vigueur au moment où il déposera sa demande, et non celui qu'il a relevé quelques mois plus tôt en constituant son budget.

La date de dépôt détermine le montant applicable

La règle retenue par l'administration est celle de la date de dépôt auprès du centre de visas ou du poste consulaire, pas celle du départ ni de la rentrée universitaire.

Les demandes déposées jusqu'au 31 juillet 2026 inclus sont instruites sur la base des 615 € mensuels. Celles déposées à partir du 1er août 2026 doivent présenter des justificatifs atteignant 877,50 € par mois.

Une mesure transitoire est prévue jusqu'à la fin de la campagne étudiante en cours. Si un candidat a rempli sa demande en ligne sur France-Visas alors que l'ancien seuil y était encore affiché, et qu'il a fourni des pièces correspondant à ce montant, les autorités chargées de l'instruction peuvent lui réclamer des justificatifs complémentaires pour atteindre le nouveau plancher, plutôt que de rejeter le dossier d'emblée. Cette souplesse ne dispense pas de compléter : elle laisse le temps de le faire.

Attention aux documents officiels encore à l'ancien montant

Le nouveau seuil est bien répercuté sur la fiche pratique de l'administration française consacrée aux étudiants étrangers, vérifiée le 1er août 2026, qui affiche 877,5 € aussi bien pour le visa long séjour valant titre de séjour que pour la carte de séjour.

En revanche, la liste des documents justificatifs publiée par la direction générale des étrangers en France, celle que les étudiants téléchargent au moment de préparer leur demande de titre de séjour, mentionne toujours « le montant requis de 615 €/mois » dans sa rubrique consacrée à la prise en charge par un tiers. Un dossier bâti sur ce document se retrouverait sous le seuil légal.

C'est un décalage courant lors d'un changement de réglementation, et il vaut aussi pour les pages des consulats et des espaces Campus France, qui se mettent à jour à des rythmes différents selon les pays. En cas d'écart entre deux pages officielles, c'est le texte qui fait foi, donc les 47 % du SMIC.

Ce qui compte comme ressources, et pour qui

La même liste de justificatifs détaille les formes de ressources admises pour un titre de séjour étudiant, et elles ne se limitent pas à un solde bancaire :

  • prise en charge par un tiers : attestation de la banque du garant établissant la programmation de virements réguliers, attestation sur l'honneur de versement et justificatif d'identité du tiers ;

  • bourse : attestation de l'organisme payeur du pays d'origine, ou justificatif de la situation pour les boursiers du gouvernement français et les bénéficiaires de programmes européens ;

  • salaire : les trois derniers bulletins de paie ;

  • ressources propres : attestation bancaire de solde créditeur suffisant.

En cas de ressources multiples, chacune doit être justifiée séparément, ce qui permet de combiner par exemple une bourse partielle et l'aide d'un garant pour atteindre le montant.

Les boursiers du gouvernement français financés par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ne sont pas concernés par le relèvement : leur bourse, de 900 € par mois, dépasse le nouveau seuil. Les étudiants en bourse cofinancée, en revanche, peuvent l'être si la part de financement qu'ils perçoivent reste inférieure à 877,50 €.

Les étudiants déjà en France sont également visés

Le nouveau montant ne s'applique pas qu'aux primo-demandeurs à l'étranger. Il vaut aussi pour le renouvellement du titre de séjour étudiant, ce qui touche directement ceux qui ont obtenu leur visa sur la base des 615 € et poursuivent un cursus de plus d'un an.

Au moment de renouveler, c'est le seuil en vigueur ce jour-là qui s'applique, soit 877,50 € actuellement. Un étudiant arrivé avec un plan de financement calibré sur l'ancien montant devra donc démontrer des ressources supérieures d'environ 260 € par mois à ce qu'il avait présenté au consulat.

Un calendrier serré pour la procédure Études en France

Le relèvement intervient au cœur de la campagne d'inscriptions, à quelques semaines des rentrées universitaires. Les candidats résidant dans l'un des 42 pays relevant de la procédure Études en France (Algérie, Argentine, Bénin, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Chili, Chine, Colombie, Comores, Congo, Corée du Sud, Côte d'Ivoire, Djibouti, Égypte, États-Unis, Gabon, Guinée, Haïti, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Koweït, Liban, Madagascar, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Pérou, République démocratique du Congo, Russie, Sénégal, Singapour, Taïwan, Togo, Tunisie, Turquie, Vietnam) passent par la plateforme dématérialisée avant l'entretien et le dépôt de la demande de visa, ce qui laisse peu de marge pour reconstituer un dossier financier en cours de route.

Pour les étudiants originaires des autres pays, la demande se fait directement auprès du consulat ou du centre de visas compétent, mais la règle de ressources est la même : c'est le code de l'entrée et du séjour qui la fixe, indépendamment de la nationalité du demandeur. Les facilités négociées par certains États, comme le visa Schengen de circulation de cinq ans ouvert aux diplômés de master indiens, portent sur la délivrance et la durée des titres, pas sur le niveau de ressources exigé à l'entrée.

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