Le Kazakhstan ouvre ses portes aux nomades numériques
19 novembre 20243 min de lecture

Terre ancestrale de nomades, le Kazakhstan s'apprête à accueillir une nouvelle génération de voyageurs itinérants : les travailleurs à distance. Dès novembre 2024, le pays d'Asie centrale lancera son "Neo Nomad Visa", un permis de séjour d'un an destiné aux professionnels du numérique. Une première dans la région, qui pourrait bien faire des émules chez ses voisins.
Un visa taillé sur mesure
Annoncé par le président Kassym-Jomart Tokaïev en personne, ce nouveau visa cible les freelances et salariés pouvant exercer leur activité à 100% en télétravail. Condition sine qua non : justifier d'un revenu mensuel d'au moins 3 000 dollars américains. Les candidats devront également présenter un casier judiciaire vierge et souscrire une assurance santé internationale. Pour l'heure, seuls certains secteurs d'activité sont éligibles : informatique, conseil, finance, marketing, design et e-commerce. Le gouvernement kazakhstanais n'a pas encore précisé si le visa serait renouvelable, ni s'il permettrait d'inclure conjoint et enfants dans la demande. Côté fiscalité, rien n'est encore gravé dans le marbre. Actuellement, les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus générés au Kazakhstan. Les résidents, eux, sont soumis à un impôt forfaitaire de 10% sur leurs revenus mondiaux. Reste à savoir quel régime s'appliquera aux détenteurs du Neo Nomad Visa.Un pari économique
En lançant ce programme, le Kazakhstan espère attirer 500 nomades numériques par an.De quoi générer, selon les estimations du ministère du Tourisme et des Sports, près de 7,3 millions de dollars de retombées économiques annuelles. "Ces personnes contribueront à l'économie kazakhstanaise sans pour autant concurrencer le marché du travail local", souligne le ministre Yerbol Myrzabossynov. L'initiative s'inscrit dans une tendance mondiale post-pandémie. Plus de 50 pays proposent désormais des visas similaires, courtisant une population estimée à 35 millions de travailleurs nomades à travers le monde. "Nous entendons créer toutes les conditions pour les attirer dans notre pays", affirme M. Myrzabossynov. "Les villes d'Almaty et d'Astana figurent déjà dans le top 150 des destinations prisées par les néo-nomades."


